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Marjo7 juin 2009: élections européennes...C'est marrant, je viens de lire que le Président de la Commission européenne était toujours de la même couleur politique que la majorité au Parlement européen... La Commission? Vous savez, ceux qu'on appelle "les technocrates de Bruxelles", qui proposent des règlements ou des directives libéralisant les services publics, provoquant les délocalisations, cassant les grèves... les boucs émissaires de nos chers gouvernants qui n'assument plus tellement ce qu'ils ont voté en Conseil des Ministres... Pas évident les compromis à 27, c'est sûr... Et nous dans tout ça, a-t-on voix au chapitre? Pas trop dirait-on, lorsqu'on voit que la "Constitution" européenne rejetée par référendum en France à la majorité revient de façon détournée et édulcorée... On n'élit pas la Commission où les technocrates agissent, on n'a aucun poids sur le Conseil des ministres où tous nos dirigeants se retrouvent, reste le Parlement européen... Le truc qui sert à rien, qui donne un semblant de légitimité démocratique à l'Union européenne? Mouais, n'empêche qu'il a progressivement augmenté ses pouvoirs depuis le début de façon constante, pouvoirs qu'il renforcera encore avec l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne... Plus de pouvoirs en matière législative et budgétaire, il doit approuver une très grande majorité de dossiers avec le Conseil des ministres et contrôle la Commission, qu'il a même poussé à la démission en 1999. Pour sûr, ça c'est pas en France que ça risquerait de nous arriver... Marre d'une Europe ultra-libérale qu'on entend parfois, mais avec un Parlement libéral, ça ne risque pas de changer... Le 7 juin au soir, ce sera reparti pour 5 ans... Sur 27 Etats membres, faut pas se leurrer, la chance pour une sensibilité minoritaire française de se faire entendre sera minime... S'agit pas de louper le coche... Pour tout renseignement: http://www.elections-europeennes.org/ Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent... Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front. Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime. Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime. Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour, Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour. C'est le prophète saint prosterné devant l'arche, C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche. Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins. Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains. Car de son vague ennui le néant les enivre, Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre. Inutiles, épars, ils traînent ici-bas Le sombre accablement d'être en ne pensant pas. Ils s'appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule. Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule, Bat des mains, foule aux pieds, bâille, dit oui, dit non, N'a jamais de figure et n'a jamais de nom ; Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère, Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère, Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus, Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus. Ils sont les passants froids sans but, sans noeud, sans âge ; Le bas du genre humain qui s'écroule en nuage ; Ceux qu'on ne connaît pas, ceux qu'on ne compte pas, Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas. L'ombre obscure autour d'eux se prolonge et recule ; Ils n'ont du plein midi qu'un lointain crépuscule, Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit, Ils errent près du bord sinistre de la nuit. Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière, Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l'on va, Rire de Jupiter sans croire à Jéhova, Regarder sans respect l'astre, la fleur, la femme, Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l'âme, Pour de vains résultats faire de vains efforts, N'attendre rien d'en haut ! ciel ! oublier les morts ! Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères, Fiers, puissants, ou cachés dans d'immondes repaires, Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés ; Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités, Tourbe, foule, hommes faux, coeurs morts, races déchues, Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues ! Victor Hugo, Les châtiments, 1853 Istanbul...Mieux vaut ne pas vouloir vérifier ou s'assurer de quelque chose, les détecteurs de métaux vous arrêtent à l'entrée même de l'aéroport Atatürk, freinant toute velléité de retour... Pas de quoi se planter de toute façon, à côté des "taksi" jaunes les bus pour le centre-ville sont reconnaissables entre tous, avec leur inscription "Havas" affichée... Le 15h loupé, un 15h10 va venir s'immiscer avant le 15h30 prévu, pour s'élancer vers cette ville de 10 à 20 millions d'habitants (hésitations de mes interlocuteurs), s'enfonçant dans les faubourgs en longeant la mer, la Méditerranée n'est pas loin... Difficile de se faire une opinion à travers les fenêtres entre le "v" et le "a" de "Havas", de cette ville où d'imposants immeubles jouxtent les traditionnelles maisons en bois, où des fils sur lesquels sèche le linge traversent des rues entières, une ville qui incarne d'emblée le carrefour entre Orient et Occident... On monte progressivement à l'assaut des premières collines, face à d'immenses panneaux publicitaires marquant parfois le soutien des turcs aux enfants de Gaza... On s'habitue vite aux embouteillages, persistants peu importe l'heure ou l'endroit, caractéristiques de cette mégalopole animée...
Terminus Taksim, le quartier des cafés, des bars et des magasins, c'est l'Istanbul moderne qui accueille les touristes sur cette place imposante, carrefour où se croisent tous les bus de la ville... Point de départ d'une immense rue piétonne, avec le tramway historique de la ville qui fait des aller-retours d'un bout à l'autre. Sentiment de démesure, la rue piétonne est tellement large qu'on pourrait y tenir presqu'à 20 en largeur... On y croise des mini manifs, groupes de protestation parsemés, devant des policiers impassibles à l'air plus accessible que nos CRS nationaux... Si l'on quitte cette rue, c'est pour une kyrielle de petites places, ruelles, galeries aux cafés, bars, restaurants se livrant une concurrence acharnée, aux allures de quartier latin en bien plus étendu, qui ne renonce pas à ses terrasses en hiver... Les gens qu'on y croise viennent de tous bords, toutes origines, la mixité est de mise et le voile finalement peu présent... Le bar aux allures de café égyptien, où s'affrontent deux joueurs d'échecs à peine interrompus par les balades du chaton de la maison conscient de son succès, est ainsi tenu par une canadienne francophone... On s'y affale dans les canaps et les fauteuils devant quelques étagères où s'étalent des bouquins de voyage, d'Istanbul ou d'ailleurs... Au détour d'un chemin, plusieurs bar se juxtaposent, c'est l'embarras du choix : on y mange le traditionnel et incontournable kokoreç... en 1/4, 1/2 ou baguettes entières, mieux vaut ne pas savoir qu'il s'agit de boyaux d'agneau, car finalement, c'est pas mal... accompagné de moules farcies, de semoule particulière, avec pour boisson du yaourt, les spécialités défilent... C'est ensuite en buvant des Efes (bière turque), blondes et/ou brunes, que l'on peut admirer la vue sur le Bosphore à travers les baies vitrées d'un café un peu reculé, à 6 étages d'ascenseur...
Le Bosphore, séparant l'Europe de l'Asie, rythme la vie stambouliote... Les vapors s'y croisent et recroisent à intervalles réguliers, à peine entrecoupés par les navires de/vers la mer Noire... La plupart des résidents de l'Est les empruntent pour aller au travail, à l'école ou la fac, même si mieux vaut ne pas arriver en retard le matin, car qui dit attendre le bateau pendant 1/4 d'heure oblige souvent à attendre le tram derrière, transformant un retard de quelques minutes en un cours à moitié perdu... 15 minutes pour changer de continent, à peine le temps de nourrir les mouettes et prendre un chai (thé) à bord... Une fois arrivé, d'un port à l'autre le spectacle est le même : les pêcheurs se massent sur le pont ou les bords, il n'y a quasiment plus un seul cm2 de libre, rares seront les poissons pouvant réchapper de tous ces fils... Sous le pont, les bars et restaurants se disputent le poisson tout juste pêché... pas le meilleur endroit pour le manger paraît-il, mieux vaut acheter directement son sandwich au poisson n'ayant pas eu le temps encore de réaliser son triste sort... Un dernier coup d'oeil, un dernier frisson devant toutes ces méduses qui se croisent également dans le Bosphore, avant de s'enfoncer dans la péninsule historique...
"Hagia Sophia" d'abord, Sainte Sophie gardée de l'intérieur par l'un de ces fameux chats d'Istanbul au droit de circulation quasi illimité, basilique transformée en mosquée avant de devenir musée, aux splendides mosaïques et procurant ce même sentiment de démesure... Lui fait face la Mosquée bleue, où le visiteur se fait petit pour ne pas gêner les nombreux moments de prière qui rythment la journée, pouvant au son de l'imâm admirer les non moins spectaculaires mosaïques... Entre les deux le palais des sultans, Topkapi : de la cour des Janissaires au Harem, de la terrasse sur le Bosphore aux salles où sont exposés diamants ou sabres incrustés d'or et de pierres précieuses, les quelques salles ouvertes donnent une idée de la grandeur et de la richesse de l'Empire Ottoman... Retour à la simplicité avec la Citerne Basilique qui vaut le coup d'oeil, citerne souterraine aux 300 colonnes byzantines que contournent les poissons, dont les jeux de lumière donnent à l'atmosphère un aspect mystique... A la sortie, la grande rue qui descend vers le port, où se croisent les "métros", tramways modernes, alterne souvenirs et traditionnels köfte, boulettes de viande à déguster à toute heure... Dans un renfoncement, le choix entre plusieurs cafés narguilé aux vastes banquettes permet un peu de repos, écoutant l'inconnu, pour quelques instants son voisin, décrire sa ville, fumant narguilé melon-pêche ou capuccino et alternant thés à la pomme et cafés turcs... Plus loin mieux vaut se perdre dans le grand Bazaar aux sorties multiples, où se presse la foule compacte hélée par les vendeurs de nombreuses boutiques débordant largement sur l'extérieur et les rues avoisinantes, où s'alternent rues bondées et rues désertes avec une logique parfois encore à trouver... En bas d'une rue aux allures de Marché Saint Pierre, où se vendent foulards, tissus et étoffes variées, un autre Bazaar, aux montagnes de loukoums et épices variées... Impossible de le louper, il suffit de suivre l'odeur de kahve (café) turc qui embaume l'air, les vendeurs de café faisant face aux vendeurs de récipients... Le cri des mouettes nous rappelle, à la sortie de l'autre côté, que la mer nous fait face à nouveau...
De l'autre côté, les quartiers sont plutôt résidentiels, avec pas mal de commerces et une rue qui s'apparente aux Champs Elysées, en plus long et sans Arc de triomphe au bout... Tous les commerces y sont représentés, jusqu'au Mark&Spencer venu tout droit d'Angleterre, et nombreux sont les Starbucks... Les domus, minibus jaunes, sont les moyens de transport qui font l'unanimité, s'arrêtant au gré des indications de leurs 8 ou 9 passagers... Nul besoin de traverser le Bosphore pour sortir le soir, devant les quais c'est à nouveau l'embarras du choix avec tous les bars et cafés, devant lesquels les voitures se garent en double voire triple file dans la plus parfaite anarchie...
A peine le temps de se familiariser un peu avec cette plaque tournante, de déguster un de ces kebap et houmous qui valent le détour, de dire correctement l'arrêt "çiftehavuzlar" au chauffeur de domus, à défaut de connaître une langue qui tient apparemment du finnois... Un week-end trop rapide, une sorte d'avant-goût de la beauté d'une ville qui gagne à être vue et revue, et surtout une idée de l'hospitalité inégalable de ses habitants: à Ruzin, Idil, Emel, Ledün, Yusuf et les autres, teşekkür ederim! Récits d'un voyage Delhi-Leh, été 2008En direct de Chandigarh... (17/07/08)
Namaste,
desolee d'avoir tant tarde pour relater nos aventures, Clem a envoye deux p'tits mails pour pallier les nouvelles de premiere urgence, mais j'avoue que les passages en cafe Internet ont ete jusqu'a present plutot rares et rapides. Alors, par ou commencer? L'attente de 2h a Roissy, aux alentours de 5h du mat, parce qu'on nous dit d'arriver 3h avant alors que les comptoirs d'enregistrement n'ouvrent qu'a 7h (pour un vol a 7h40)... Mmm, c'est peut-etre un peu loin... L'attente, cette fois-ci, au milieu des forets et collines de la Finlande, quand le tableau d'affichage marque un impenetrable "next information at 15.00" alors que le vol est prevu a 14h15... attente qui ceci dit nous permet de tester la crevette et le saumon finlandais, tout en faisant la connaissance d'Adrien, un etudiant en ethnologie a Nanterre (ami de Vincent le gars de la LDH d'ailleurs, le monde est petit), en Inde pr 3 mois, qui nous a suivi jusqu'a present dans nos peregrinations... Le vol qui se fait desirer nous reserve une surprise: depart a 17h30, on est surclassees avec Elise, et nous voila en 1re classe, un verre de champ a la main... Echange de place avec Clem apres avoir fait une razzia sur les brosses a dent et trousse de toilette, le choc "2nde classe" sur Finnair "New delhi" sera sans doute plus facile a gerer... Car choc il y a... debarquees a 4h du matin, on est prises a la gorge par cette athmosphere moite, cet air a 80 pour cent d'humidite qui a l'air d'avoir ete trop respire... Bien accrochees dans un taxi jeep qui fonce a toute allure, on entre dans une capitale aux rues defoncees, aux travaux qui jonchent la chaussee, devant des bicoques sous les porches desquels s'entassent gens, chiens... Arrivees au bon taxi, on profite de l'aube pr faire un tour du quartier, le Old Delhi, avec ses p'tites ruelles et ses matinaux... Il est 5h, et les klaxons commencent deja a se faire sentir, des gens se lavent et d'autes s'agglutinent a la gare, l'animation bat deja son plein... 2 jours a Delhi nous permettront de parcourir ce quartier, se perdre dans ses ruelles et ses immenses avenues, voir aussi son quartier "chic" et son lot de rabbateurs, le tout entre les reekshaws, ces p'tites voitures avec moteur a gazon qui font la loi dans les rues... On finit par s'habituer a ce grand bazar, apprecier cette symphonie de couleurs, d'odeurs, cette vie de dehors, et si les regards sont insistants, curieux, parfois meprisants, ils ne sont jamais menacants... Mais c'etait decide, on restera plus longtemps au retour, on met le cap sur une p'tite bourgade ou l'hindouisme a vu le jour, Kurukshetra... Pour le coup nous sommes sans doute les seuls blancs du coin, a arpenter les rues en demandant les prix des guest houses... Un village perdu dans la poussiere, un peu aux allures de far west, ou un jeune sikh nous prend sous son aile et nous fait visiter un temple sikh en nous montrant les rites, y compris le partage du repas final avec la communaute (on commence a devenir experts a depioter nos naan uniquement en se servant de la main droite...) Il nous rejoindra en fin d'apres-midi avec deux copains a lui pour partager qqes bieres et nous apprendre au passage qqes mots d'hindi. Cap ensuite sur Chandigarh, toujours en train (a faire palir d'envie un train de la sncf j'ai oublie de vous dire)... Changement radical: ville la plus riche de l'Inde, elle a des allures de Brasilia (Cat tu adorerais), divisee en secteurs avec d'immenses ronds points entre chaque... Beaucoup de jardins, c'est agreable pour supporter la chaleur persistante et humide... On alterne avec la visite de la Art gallery, tres riche, et de la Cour supreme... 2 jours un peu tranquilles, pour calmer aussi un peu nos estomacs qui commencent a raler avec toutes ces epices... Premieres beedees aussi, il ne nous manque plus que le saree... Au fait, j'oubliais: on va passer demain a la gazette locale ("le leader du Punjab" dixit le journaliste), interviewees tout a l'heure a propos de la pratique de l'hindi en France (avec bibi qui cree presqu'un incident diplomatique en laissant echapper que le chinois est plus enseigne) Mon heure est presqu'achevee, je ne m'eternise pas, demain on prend le mythique train Himalayan Queen pour Shimla, 106 tunnels au programme et les premieres montagnes... En passant par le Tibet? (21/07/08)
Salut a tous,
je vous ecris en effet en face d'une photo du dalai lama, a cote de deux autocollants "Free Tibet" et "Help us to release the 11th Panchen lama of Tibet". Derriere moi, les moines tibetains se frayent un chemin au milieu de quelques touristes dans les ruelles escarpees d'un petit village en montagne. Aurait-on change nos plans et decide de franchir la frontiere du Tibet? Rassurez-vous, on est toujours en Inde, mais c'est tout comme... a 6h30 ce matin, un car nous a depose a Dharamsala, siege du gouvernement tibetain en exil... Alors, comment s'est-on retrouves ici? Je vous avais laches a la veille de prendre le train Himalayan queen pour Shimla... Je rectifie donc: il n'y a que 103 tunnels (numeros affiches) sur une voie ferree pour un petit train qui gravit lentement mais surement les premieres hauteurs de l'Himalaya, au milieu de paysages magnifiques, pour finalement rejoindre Shimla, la ville aux singes que l'on voit partout... Un peu casses apres ces 6h de train on retrouve un hotel avec une terrasse qui donne sur toute la ville, style auberge de jeunesse avec melting pot de cultures... un prof americain nous interrogera ainsi sur notre conception des US avant de nous montrer l'alphabet hindi... On enchaine sur deux jours a visiter le temple Jakhu dedie a Anuman, a se perdre dans les petites ruelles escarpees, les bazars a perte de vue jonches de petits bouibouis aux etalages tous plus appetissants les uns que les autres, aux escaliers qui relient la "upper class" de la ville haute au shimla populaire, bruyant et chaleureux plus en contrebas, sans oublier la gare routiere aux guichets et inscriptions incomprehensibles, ou tout le monde s'entasse, se hele, au milieu de bus tous plus "luxueux" les uns que les autres... Une bonne averse nous fera renoncer aux cascades au profit de l'ancienne residence du vice roi, style grand manoir parfait pour y tourner un Agatha christie (qui plus est dans cette brume persistante). Et j'ai failli oublier aussi la messe en hindi le dimanche matin, avec batterie pour soutenir la chorale... Retour donc a la gare routiere hier soir, on s'engouffre dans un petit bus qui filera a toute allure dans les virages qui relient Shimla a Dharamsala, avec force accelerations et freinages brusques, accessoirement pause toutes les deux heures avec rallumage des lumieres, nuit donc quelque peu agitee... Je profite d'ailleurs que mes camarades de route rattrapent qqes heures de sommeil pour vous envoyer ces nouvelles... A suivre? 2 jours ici, puis bus pour Manali pour Clem, Elise et moi alors qu'Adrien se dirigera vers Varanasi... Ensuite on verra, on a encore le temps pour programmer... A 3500m d'altitude... (28/07/08)
Djoule
on passe au ladakhi, je vous ecris en effet en direct de Leh, un petit mail rapide vu la vitesse de connexion a cette altitude... Apres Mac Leod Ganj et la visite du temple ainsi que de la residence du dalai lama (pas la malheureusement), apres s'etre completement converties a la cause du Tibet libre... on a mis le cap sur Manali, au fond d'un bus nocturne pas des plus reposants... Arrivees au petit matin, la rencontre de deux francais nous a fait opter pour Vashisht, un petit village tranquille de l'autre cote du torrent repute pour ses sources d'eau chaude, avec une petite guest house tranquille a moins d'un euro la nuit, perdue dans les hauteurs du village (accessoirement a la douche mega froide, pour compenser l'eau a 60 C des thermes sans doute). Belles balades, diners et discussions avec nos compagnons de guest, notamment les deux francais dont l'un s'est installe depuis 8 ans a dharamsala et l'autre fait des massages a travers le monde, ainsi qu'un americain adepte de la meditation (ca existe)... 3 jours bien reposants dans un cadre splendide, c'est ce qu'il nous fallait pour affronter le trajet Manali-Leh (mais nous ne le savions pas encore)... A 10 plus le chauffeur dans une jeep (4 sur une banquette comme celle d'une voiture, avec les sacs a dos, gros sacs sur le toit), depart a 2h du mat avec l'arrivee normalement prevue le lendemain a 19h, on s'est retrouvees en rade vers 8h du matin, transportees par un camion a betail jusqu'a keylong, ou l'on a attendu le retour de la jeep... On pensait attendre 1/2h, elle s'est transformee en 9h, laps de temps qui nous a permis de scotcher sur la construction d'un trottoir en face de nous, dont on on connait desormais tous les stades, assises sur une terrasse devant un the masala, face a la route du village qui deplacait des nuages de poussiere a chaque passage de camion... Notre jeep s'etant finalement manifestee, elle nous a embarque pour 40km et une nuit courte dans un chapiteau bar hotel epicerie, loin d'une quelconque ambiance touristique... Reveil a 3h45, on a repris la route, au milieu de paysages de montagne magnifiques... La route Manali Leh n'est ouverte que de mai a septembre, elle passe plusieurs cols dont le 2eme plus haut col carrossable au monde (5032m, mieux vaut eviter tout sprint...), franchit des camps de chapiteaux pompeusement appeles villes (vive les nouilles au p'tit dej), sur des routes plutot chaotiques (me suis payee une fois le plafond qd meme) constament en travaux en raison des eboulements, affaissements de terrain... Ouf, a 18h hier on etait a Leh, 3500m d'altitude qd meme, dans une vallee perdue au milieu de l'Himalaya, et on a d'emblee trouve une petite guest house toute mignonne, geree par une famille tres chaleureuse, avec une petite cour au milieu ou les voyageurs se croisent, s'interpellent, racontent... Journee pepere a s'acclimater, flaner dans les petites ruelles de la vieille ville ou les nombreux petits magasins, voire simplement profiter d'un lassi en terrasse... Pas de mal de montagne (legere sensation proche de la sinusite simplement), ni de tourista, et pas trop l'impression de revenir avec 10kg en moins, vu les portions qu'ils servent... On croise les doigts pr la suite, pr l'instant on s'en tire bien toutes les trois... Pas de programme, on reste sans doute une semaine ici, faudrait qu'on explore un peu les environs, entre la vallee de Lamayuru, la vallee de la Nubra et le lac Pagong Tso on a l'embarras du choix... On repartira ensuite pour Keylong, puis Kaza et Tabo et la vallee de la Spiti, avant de revenir sur Shimla et Delhi... Que le temps passe vite, je dois d'ailleurs vous laisser, on retrouve deux autres francais depuis 5 mois en Inde, pour manger qqes momos dans le coin... Suite des péripéties ladakhiennes... (03/08/08)
Salut a tous,
prenant quelque peu racine dans la capitale du Ladakh, il me faut quand meme vous en dire un mot... Leh est une petite ville dans une vallee entouree de montagnes, la ville etant elle-meme a 3600m d'altitude je vous laisse imaginer la hauteur des montagnes environnantes... Quand le soleil passe d'ailleurs a travers les montagnes, vers 6h30, il fait d'ailleurs deja grand jour depuis 1h (beau spectacle ce matin du haut d'une stupa perchee a proximite du centre, le reveil a 5h valait le coup) On y parle ladakhi, hindi, tibetain, on croise des sedentaires et des saisonniers (grande discussion avec un serveur qui nous vantait ses fruits de mer, jusqu'a ce qu'on comprenne qu'il bosse a Goa la moitie de l'annee), au milieu des trekkeurs en partance et de babas cool arrivant de Manali... Entre 5h et 7h du mat, les mantras hindous passent en boucle... Ils sont suivis de pres par les appels a la mosquee (qu'il nous semble entendre 7 fois par jour, curieux... y'aurait-il des rattrapages?). Notre guest house se situe dans la vieille ville, un dedale de petites maisons en pierre espacees de petits chemins poussiereux (ne pas oublier sa lampe torche quand on sort le soir). C'est la plus vieille guest house du Ladakh, accueillant ses voyageurs depuis 1974, tenue par une famille tres chaleureuse, meme s'il faut faire gaffe a ne rien laisser trainer, les deux gamins de 3 et 6 ans environ ayant une certaine tendance a jeter du toit tout ce qui leur passe par la main... Deux terrasses ou l'on peut admirer les etoiles filantes qui ne manquent pas chaque soir de defiler, un patio avec table centrale ou l'on squatte, discute, echange, parfois autour d'une guitare (version magnifique du "Gottingen" de Barbara, entre autres, par Magali, une francaise rencontree entre deux chansons) ou d'une mandoline... On y croise beaucoup de francais, on a d'ailleurs sympathise avec deux "region Nantaise", Jade et Magali, ainsi que deux francais en Inde depuis 6 mois, David et Romain, et discute le temps d'une soiree ou deux avec des espagnols depuis presqu'un an en Inde, une irlandaise... Un endroit qui donne envie d'y prendre racine, surtout que le soleil tape bien, entre midi et 16h... Mais les environs de Leh nous appellent egalement... On part une journee, trop courte, a Lamayuru, avec aller-retour en jeep et arret a Phyang pour un festival tibetain, avec monastere offrant des vues dignes de tableaux surrealistes (le terme pictural n'est peut-etre pas ideal, bref...). La route est tout simplement magnifique, avec 3h de ravins, torrents, montagnes aux 1000 couleurs, deserts... Lamayuru est un petit village perdu sur un flanc de montagne, avec des grottes et un monastere perche (toujours), avec l'ascension des escaliers toujours recompensee par une vue a couper le souffle... Plus pres de Leh on a ete voir Thikse, pour un autre monastere (on ne s'en lasse pas) et une balade le long de l'hindus, avec pause les pieds dans l'eau, puis retour dans un bus public, cahin caha, suivi pour bibi d'une heure de massage ayuredic, la totale, rien de tel pour se detendre et accessoirement ressortir huilee comme une frite... Raphael, le francais installe a Dharamsala depuis 8 ans, nous a rejoint hier avec son cousin et la femme de son cousin... On se programme une viree au lac Pangong Tso apres-demain, en deux jours et restant la nuit la-bas, faut juste gerer les permis d'ici la... Demain on louera peut-etre des motos pour voir les environs... Et prochaine peripetie: tester la puree au fromage de yack ce soir... De retour en France... (15/08/08)
Aux dernières nouvelles nous étions toujours à Leh, à 3000m d'altitude dans l'Himalaya, quelque part entre notre "Old Ladakh guest house", une agence, un resto tibétain à déguster des chowmen ou des momos, peut-être un énième café internet entre deux coupures de courant, va savoir... Depuis nous sont poussées des ailes, il faut quand même que je vous raconte ça... Expérience de la moto d'abord, toute une journée pour partir à l'assaut de chemin jusqu'alors aperçus à travers la vitre du bus... Bon, bibi s'est vite rendue compte que c'est un p'tit peu plus compliqué que le vélo, et que l'engin a la manie très désagréable d'avancer tout seul... après trois calages (démarrage en côte quand même) et le visage du gars commençant à pâlir sérieusement, j'ai remis à plus tard mes débuts en moto... Heureusement, Elise, Raphaël (rappelez-vous, le français installé à Dharamshala depuis 8 ans) et son cousin ont pris les choses en main et nous ont conduit.... à la station essence, où l'on nous a gentiment appris que le réapprovisionnement avait lieu 3 heures plus tard. La fin de la matinée s'est donc passée à contempler nos motos de la fenêtre d'un café, entre deux parties de dés frénétiques et des cheese paranthas... Mais les conducteurs se sont rattrapés l'après-midi, et on a pu admirer les monastères de Thiksey (re) et d'Hémis, essuyant à peine une averse et une panne d'essence sur le retour (forcément)... Nous étions lancés, fini le lézardage à Leh, le lendemain nous repartions en jeep pour le Pangong Tso... C'est un lac d'eau salée à plus de 4000m d'altitude, d'environ 130km de long, les montagnes du Tibet se dessinant au lointain... Réellement spectaculaire, on ne se lasse pas d'admirer les couleurs des montagnes qui se reflètent dans une eau d'un bleu limpide ou nageotent quelques crevettes... Session ricochets (courbatures à l'épaule pendant 2 jours, malin...), ballade le long du lac jusqu'en zone interdite (frontières contestées dans le coin), et le clou: on s'est baignés!! Une eau à 10°C, le souffle un peu coupé on ne parle pas de traverser le lac, mais le challenge est rempli, et cette fois on sent vraiment le sel du lac... On dort sur place, en rang d'oignons dans un petit baraquement type refuge, enfouis sous les couvertures, on se laisse bercer par le bruit des vagues (si si j'vous assure, Elise l'a même enregistré). De retour à Leh le lendemain après-midi, pas pour longtemps, vu qu'après une dernière soirée à retrouver David ainsi que Magalie, Jade et Romain revenus de la Nubra entre-temps, plus des nouveaux apparus du Népal, une jeep nous attend vers 1h du mat... Nous qui nous étions jurés de ne plus reprendre un tel moyen de transport après notre expérience de l'aller et nos 9h à Keylong... Place de choix pour moi, l'avant de la jeep, avec vue imprenable sur les raccourcis hasardeux que prend notre chauffeur (euh, on sort de la route là?), un népalais très sympa avec qui je discute de sujets aussi variés que les différences entre l'Himalaya et les Pyrénées, l'état de la route ou le tabac à chiquer... Seul inconvénient: être assise sur le levier de vitesse, un peu compliqué les retours en première ou seconde... Arrivés un p'tit peu cassés vers 13h à Keylong, on trouve une guest house avec balcon à jolie vue sur la montagne, dont on ne va profiter qu'assez moyennement, vu l'appel d'une sieste réparatrice puis d'une courte soirée, réveil à 4h le lendemain... Et c'est reparti! Bus à 5h du mat pour Kaza et la vallée de la Spiti, pause Thé Masala, aloo parantha et parties de Quem's entre deux bus, dans un "village" (3 maisons de pierre sur une route), la route est plutôt chaotique mais s'améliore sur la fin, et on arrive en fin d'après-midi dans cette charmante mégalopole d'Inde du nord (au moins 300 habitants), où les rues du village se confondent avec ses maisons... Après tous ces trajets motorisés, une parenthèse s'impose: une marche de 15 km le long de la vallée pour aller visiter le monastère de Kee, avec raccourci de raccourci au final, une belle ascension à pic, les piolets auraient limite été les bienvenus... Là-haut, un moine tibétain nous offre thé et biscuits (almost tea time) et nous sert de guide... Un peu de marche en retour, 4 bons kms et tentatives d'autostop loupées, avant qu'un tracteur nous offre sa remorque remplie d'herbe, un vrai bonheur... Le lendemain, cap sur Tabo à 2h de route, et son monastère classé par l'Unesco, un dédale de temples et stupas lumineux faisant penser à des monuments égyptiens dans la ville... Une cérémonie imprévue nous fera prolonger notre séjour: première "initiation tantrique", assis en tailleur avec tout le village à écouter les enseignements et psaulmes du lama, entouré de tous les moines (en ai repéré un avec lunettes de soleil quand même), sur fond d'encens et serrant quelques grains d'orge dans ses doigts... Promis, quand je comprendrai ce qu'il m'a dit j'irai chercher le bracelet de longévité distribué à la fin... On a manqué le bus, on s'offre le luxe vers 16h d'un taxi pour Manali (une autre jeep), mais le temps va jouer contre nous... un éboulement nous attend à 2h du mat et 30 bornes du but... Après le temps de surprise face à ces véhicules arrêtés au milieu de la route (un camion avait même sorti la tente devant) et un chauffeur qui éteint tout et part pour s'endormir sans explications, on le tanne un peu pour avancer avant de rester bloqués à côté de l'éboulement... Le lendemain matin la situation est inchangée, les militaires en nombre font office d'observateurs sans la moindre intention de s'impliquer, 4 gars s'activent autour de 2 pelles et d'une pioche, devant une vingtaine qui regardent et commentent... Alleluia, à midi arrive une dépanneuse, et à 13h30 on est à Manali... Super chicken sizzler (sur plaque chauffante) pour s'requinquer à Vashisht, la journée file rapidement avec les retrouvailles avec la mousson... Il nous faut speeder, le retour est pour bientôt, on prend donc un bus local (fini le luxe du taxi) à 9h le lendemain, qui est censé nous amener en 14h à Delhi... Mais l'expérience de l'éboulement est tellement drôle, on doit la revivre une nouvelle fois, cette fois vers 19h... Nuit dans le bus, on s'interroge encore sur l'utilité de pelleteuses apparues vers 2h du mat... On redécolle vers 8h du mat, longe une queue impressionnante en sens inverse... ces éboulements provoquent des kms et des kms de file de camions et bus (les jeeps font demi-tour, pas folles, d'autres chemins étant ici possibles)... On programme notre après-midi à Delhi, puis simplement notre soirée voyant le temps qui file... On oublie un élément: l'arrivée sur Delhi... Imaginez un immense périph, avec quelques 6 voies environ (anarchie totale bien sûr) de chaque côté, des bus, des voitures, des camions, des charrettes avec pyramide impressionnante de chargement, des vélos, des personnes avec ou sans bagage à pied, des voitures en panne poussées par les passagers... Le bus avance par à coups, puis parfois pas du tout... 18, 19, 20, 21, 22h... Légèrement alarmées, on pousse le chauffeur pas du tout porté sur l'anticipation, puis on saute dans un rickshaw à l'arrivée, une seule consigne: 1h pour rejoindre l'aéroport... Notre dernière expérience de l'Inde sera donc celle d'un chauffeur de rallye qui manie son engin avec art, passant à 2mm de voitures plus grosses que lui, et rejoint l'aéroport en 50min... Et voila, on se retrouve dans l'avion, avec ses deux omelettes finlandaises (deux p'tits dejs, correspondances oblige), à regarder par le hublot le continent indien qui s'éloigne, la nostalgie se faisant déjà sentir... Désolée pour la longueur de ce mail, je profite de n'avoir plus le temps limité d'un café internet... Fin du récit, le passeport a réintégré sa pochette, provisoirement... Promis je mets les photos en ligne bientôt, je dois juste faire un tri d'abord, y'en a plus de 2000... A une passante...La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d'une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ; Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté Dont le regard m'a fait soudainement renaître, Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ? Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être ! Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais, Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais ! Charles Baudelaire, Les fleurs du mal, 1860 |
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